Des préparatifs jusqu’au décollage, la matinée du 28 mai 2026 a été rythmée par l’effervescence du départ, de l'Atelier industriel de l'aéronautique (AIA) de Cuers-Pierrefeu vers le meeting aérien de Cognac ! 
Une immersion aux côtés de l’association Alizé Marine, entre passion aéronautique, ambiance du tarmac et plaisir de voir les avions prendre leur envol.
Publié le 11/10/2026
Le Bréguet Br.1050 Alizé
Conçu dans les années 1950 pour répondre aux besoins de la Marine nationale, le Bréguet Br.1050 Alizé a marqué plusieurs décennies d’aviation embarquée française. Spécialisé dans la lutte anti-sous-marine, cet avion turbopropulsé a sillonné les mers depuis les porte-avions français avant de quitter le service opérationnel en 2000. Aujourd’hui, la préservation de quelques exemplaires permet de faire perdurer la mémoire de cet appareil singulier.

Un avion de lutte anti-sous-marine
Le constructeur Bréguet développe le Br.1050 Alizé, un avion spécialement conçu pour opérer depuis les porte-avions. Son premier prototype effectue son vol inaugural le 5 octobre 1956. Après plusieurs années d’essais, l’appareil entre en service dans l’Aéronautique navale en 1959.
Dérivé des travaux menés sur le Bréguet Br.960 Vultur, l’Alizé adopte une configuration adaptée aux contraintes de l’aviation embarquée. Ses ailes repliables facilitent son stationnement dans les hangars des porte-avions, tandis que son train d’atterrissage renforcé lui permet de supporter les contraintes des appontages.
Propulsé par un turbopropulseur Rolls-Royce Dart entraînant une hélice quadripale, le Bréguet Alizé est conçu avant tout pour la recherche et la détection des sous-marins.
Son équipement comprend notamment un radar logé dans un radôme ventral rétractable, des systèmes de détection électronique et des dispositifs permettant l’emploi de bouées acoustiques. Il dispose également d’une soute à armement et de points d’emport destinés à différents équipements et armements adaptés à ses missions.
À bord, trois membres d’équipage se répartissent les tâches : un pilote, un navigateur et un opérateur chargé des systèmes de détection.
L’Alizé ne se limite toutefois pas à la seule lutte anti-sous-marine. Au fil de sa carrière et des évolutions de ses équipements, il contribue également à des missions de surveillance maritime et de renseignement. Sa capacité à rechercher et à identifier des contacts en mer en fait un élément important du dispositif aéronaval français.

Les flottilles de l’Alizé
La 6F, première à recevoir l’Alizé
Créée pendant la Seconde Guerre mondiale au sein des Forces françaises libres, la flottille 6F est la première unité opérationnelle française à recevoir le Br.1050 en septembre 1959.
Installée à Hyères dans un premier temps, elle joue notamment un rôle essentiel dans la formation des équipages destinés à exploiter l’Alizé. En 1961, elle rejoint la nouvelle BAN de Nîmes-Garons.
À partir de 1972, la 6F redevient une unité opérationnelle et embarque régulièrement sur les porte-avions Clemenceau et Foch. Elle deviendra finalement la dernière flottille française à mettre en œuvre l’Alizé jusqu'au retrait de l'appareil en 2000.
La 4F, de l’Alizé au Hawkeye
La flottille 4F reçoit ses premiers Alizé en 1960. Basée notamment à Lann-Bihoué, elle participe aux opérations embarquées à bord des porte-avions français.
L’Alizé accompagne ainsi la 4F pendant plusieurs décennies avant que celle-ci ne soit mise en sommeil en 1997. Elle renaît ensuite en 2000 sur E-2C Hawkeye, prenant la succession de l’Alizé dans le domaine de la sûreté aérienne de la force navale.
La 9F
La flottille 9F fait également partie des premières unités françaises à recevoir l’Alizé, à partir de 1960. Elle exploite l’appareil depuis Hyères puis Lann-Bihoué.
La 9F est finalement dissoute en 1972, mettant fin à son aventure avec l’Alizé.
D’autres unités
Au-delà des trois flottilles opérationnelles, plusieurs unités utilisent également l’Alizé pour des missions particulières : 2S, 3S, 10S et 59S. Ces appareils servent notamment à l’entraînement, aux liaisons, au remorquage de cibles, aux essais et à la mise au point de différents équipements. La 59S prend notamment temporairement le relais de la 6F pour la formation des équipages.
Flottille 6F
Flottille 6F
Flottille 4F
Flottille 4F
Flottille 9F
Flottille 9F

Une longue carrière sur les porte-avions français
Pendant plus de quatre décennies, le Bréguet Alizé accompagne l’évolution de l’Aéronautique navale. Il opère notamment depuis les porte-avions Arromanches, Clemenceau et Foch, participant aux activités opérationnelles et aux entraînements des forces navales françaises.
On le retrouve notamment lors des opérations Saphir dans la région de Djibouti, Olifant au large du Liban, Prométhée dans le golfe Arabo-Persique, puis lors des opérations Balbuzard et Crécerelle au large de l’ex-Yougoslavie. Il participe également au dispositif Sharp Guard chargé du contrôle de l’embargo maritime durant les guerres en ex-Yougoslavie.
Au cours de sa carrière, l’appareil bénéficie de plusieurs modernisations destinées à prolonger ses capacités opérationnelles. Les évolutions de ses systèmes de navigation, de détection et de traitement de l’information lui permettent de s’adapter progressivement aux nouvelles exigences des opérations aéronavales.
Sa longévité témoigne de l’importance de sa mission, mais également du savoir-faire des personnels chargés de sa mise en œuvre et de son entretien.
Après plusieurs décennies de service, le Bréguet Br.1050 Alizé est finalement retiré de l’Aéronautique navale française en septembre 2000, après quelque 330 000 heures de vol cumulées.
Le 27 juin 2000, un Alizé de la 6F effectue le dernier appontage du type sur le Foch. Quelques semaines plus tard, le 15 septembre 2000, la flottille 6F est dissoute à Nîmes-Garons, mettant officiellement un terme à la carrière opérationnelle française du Br.1050 Alizé.
Son départ marque la fin d’une époque pour l’aviation embarquée française. Les progrès technologiques, l’évolution des menaces et la transformation des moyens de lutte anti-sous-marine conduisent progressivement à son remplacement par des équipements plus modernes.
L’Alizé laisse derrière lui une empreinte importante dans l’histoire de la Marine nationale. Pour de nombreux passionnés d’aéronautique militaire, sa silhouette demeure indissociable des opérations aériennes menées depuis les porte-avions français durant la seconde moitié du XXe siècle.
De Hyères à Nîmes-Garons, de Lann-Bihoué aux ponts d'envol des Clemenceau et Foch, le Bréguet Alizé aura marqué près d’un demi-siècle d’histoire de l’Aéronautique navale.
L’Alizé n° 59, un patrimoine toujours vivant
Le retrait du service opérationnel n’a pas signifié la disparition complète de cet avion. Plusieurs exemplaires ont été conservés, mais rares sont ceux qui ont pu retrouver les airs.
Faire voler aujourd’hui un avion conçu dans les années 1950 est une performance en soi. Faire voler un ancien avion de l’Aéronautique navale française, après plusieurs décennies de service, relève presque de l’exceptionnel. C’est pourtant le défi que relève depuis plusieurs années l’association Alizé Marine, engagée dans la préservation et la remise en état de vol du Bréguet Br.1050 Alizé.
Derrière le grondement du moteur et la silhouette caractéristique de l’appareil se cache une histoire faite de passion, de savoir-faire et surtout de bénévoles déterminés à conserver une page de l’histoire aéronautique française.
C'est donc le Bréguet Alizé n° 59, immatriculé F-AZYI, occupe une place particulière. Après avoir été cédé par la Marine nationale, l’appareil fait l’objet d’un important travail de restauration. En mai 2013, il reprend les airs, offrant au public la possibilité de redécouvrir en vol un avion emblématique de l’Aéronautique navale.
Il est le seul Bréguet Alizé encore en état de vol dans le monde.
Sa remise en état constitue une entreprise exigeante, nécessitant des compétences techniques spécifiques, une maintenance rigoureuse et un engagement constant. Au-delà de l’aspect mécanique, la préservation de cet appareil contribue à transmettre la mémoire d’une période importante de l’histoire aéronautique française.
Lorsqu’il apparaît en meeting aérien, l’Alizé ne présente pas seulement une silhouette ancienne au public. Il témoigne d’une époque où la maîtrise des espaces maritimes reposait notamment sur des avions spécialisés, capables d’opérer depuis des bâtiments en mouvement et de participer directement à la protection des forces navales.
Une association portée par des passionnés
L'association rassemble des passionnés d'aéronautique et de patrimoine militaire autour d'un objectif commun : préserver l'Alizé et maintenir autant que possible ses capacités de vol.
Mais conserver un avion historique ne consiste pas simplement à l'exposer dans un musée. Lorsqu'un appareil est destiné à continuer à voler, chaque opération de maintenance devient essentielle. Les pièces, les systèmes mécaniques, le moteur, l'avionique et la structure doivent être surveillés avec une attention particulière.
Le travail réalisé par les membres de l'association demande donc du temps, des compétences et une connaissance approfondie de la machine.
Après avoir été basé à Nîmes-Garons, l'avion a connu une période d'incertitude liée à son hébergement. En 2023, l'association a finalement rejoint un hangar de l'Atelier industriel de l'aéronautique (AIA) de Cuers-Pierrefeu, dans le Var, où elle a pu poursuivre ses activités de maintenance.
Si vous voulez aider l'association Alizé Marine à maintenir l'Alizé n°59 en vol et continuer à le voir sur les manifestations aériennes, vous pouvez faire un don :

Nos objectifs:
Alizé Marine agit pour maintenir en vie un pan de l'histoire de l'aviation. Grâce au soutien de ses membres et partenaires, l'association réalise des travaux de maintenance, organise des vols de présentation et sensibilise le public à l'importance de préserver notre patrimoine aéronautique.
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