Si la SAG est régulièrement engagée pour des missions de police administrative et judiciaire, elle joue également un rôle essentiel dans les opérations de secours à personne.
La Section Aérienne de Gendarmerie de Hyères
Implantée sur la Base aéronavale de Hyères – Le Palyvestre, la Section aérienne de gendarmerie (SAG) de Hyères constitue l’un des maillons essentiels du dispositif aérien de la Gendarmerie nationale dans le sud-est du pays. Discrète mais omniprésente, cette unité spécialisée veille chaque jour sur le Var et, au-delà, sur une large partie de la façade méditerranéenne.
Une unité stratégique au cœur du Var
Rattachée à la Force aérienne de la gendarmerie en zone Sud, la SAG de Hyères intervient au profit des unités territoriales, des brigades spécialisées et des autorités préfectorales. Sa position géographique, entre mer et massifs forestiers, lui confère un rôle stratégique : surveillance du littoral, appui en zone montagneuse, contrôle des grands axes routiers et sécurisation d’événements d’ampleur.
La Force aérienne de gendarmerie Sud -où la base hyéroise est son siège- est la plus grande de France, elle regroupe les huit unités de la zone sud couvrant les Alpes, les Pyrénées, l’Occitanie et la Corse.
Depuis la base aéronavale, les équipages peuvent décoller en quelques minutes pour rejoindre une localité du Var, des Bouches-du-Rhône, du Vaucluse ou bien des Alpes-Maritimes. Cela représente en moyenne 700h de vol par an, soit deux mission par jour.
Au niveau national, les forces aériennes de la gendarmerie comptent 480 militaires et 56 hélicoptères.
Des missions multiples, 7j/7 et 24h/24
La Section aérienne assure une permanence opérationnelle continue que ce soit pour la Gendarmerie mais également mobilisés par la préfecture maritime, les pompiers, l'hôpital, la police nationale et même la SNCF.
Ses missions couvrent un large spectre :
- Police judiciaire : recherches de malfaiteurs, appui lors d’interpellations sensibles, surveillance discrète de zones isolées.
- Sécurité publique : contrôle des flux routiers, observation lors de grands rassemblements, appui en cas de troubles à l’ordre public.
- Secours à personne : localisation de randonneurs égarés, assistance en milieu difficile d’accès, hélitreuillages en coordination avec les services de secours.
- Soutien interservices : coopération avec les sapeurs-pompiers, la police nationale, la sécurité civile ou les autorités maritimes.
Des équipages hautement qualifiés
La SAG de Hyères regroupe une quinzaine de militaires : pilotes, mécaniciens et opérateurs de systèmes d’observation. Tous sont formés aux contraintes du vol opérationnel à basse altitude, souvent de nuit, parfois dans des conditions météorologiques exigeantes.
Les hélicoptères sont équipés de moyens modernes : caméras gyrostabilisées, jumelles de vision nocturne, systèmes de transmission d’images en temps réel vers les centres de commandement. Cette capacité à transmettre instantanément des informations précises constitue un atout déterminant pour les opérations sensibles.
Pour un hélicoptère, ils ont trois pilotes, quatre mécaniciens et un opérateur d'aérosurveillance. Par ces huit personnes, ils ont une alerte permanente, une particularité des forces de gendarmerie.
Une présence discrète mais essentielle
Si les hélicoptères bleus et blancs attirent souvent les regards dans le ciel varois, le travail quotidien de la Section aérienne de Hyères demeure largement méconnu. Pourtant, chaque année, l’unité totalise plusieurs centaines d’heures de vol au service de la sécurité des citoyens.
En 2020, en plus des missions de police judiciaire, ces gendarmes ont effectué plus de 80 recherches de personnes disparues, assistances et sauvetages de jour comme de nuit.
Entre mer et collines, la SAG de Hyères incarne cette présence aérienne permanente, prête à intervenir à tout instant. Une unité discrète, mais indispensable, qui veille depuis le ciel sur le territoire varois.
Une flotte en évolution
Historiquement dotée d’hélicoptères légers de type Écureuil (AS350) et EC135, la section s’inscrit aujourd’hui dans le vaste programme de modernisation de la flotte de la gendarmerie. L’arrivée progressive de nouveaux appareils plus performants, comme le futur H160 de la Gendarmerie, doit renforcer les capacités d’emport, d’autonomie et de surveillance.
Cette modernisation traduit la volonté de maintenir un haut niveau d’efficacité face à des missions toujours plus complexes et diversifiées.
Au total, la gendarmerie va recevoir 10 appareils. La section aérienne de Hyères devrait en recevoir deux et sera la seule unité de la zone Sud à en être équipé. Quatre sont prévus à Paris, deux à Lyon et deux à proximité de Bordeaux.
Photo prise le 19 février 2026, un H160 destiné pour la Gendarmerie de retour d'un vol d'essai à Airbus Helicopters sur l'aéroport Marseille Provence
L'exercice d'hélitreuillage
En ce mois de mars 2025, la Section aérienne de gendarmerie de Hyères a temporairement quitté le tarmac de la Base aéronavale de Hyères – Le Palyvestre pour un exercice d’hélitreuillage au-dessus de la rade de Toulon. Un entraînement technique et exigeant, mené dans un cadre stratégique.
Ce type d’exercice vise à maintenir un haut niveau de compétence des équipages dans des scénarios d’extraction en mer : récupération d’une personne tombée à l’eau, évacuation sanitaire depuis un navire, ou assistance à un équipage en difficulté.
L’hélitreuillage constitue l’une des manœuvres les plus délicates pour un équipage d’hélicoptère. Le pilote doit stabiliser l’appareil en vol stationnaire, parfois à plusieurs dizaines de mètres au-dessus de l’eau, tout en compensant les effets du vent et des embruns.
À bord, le mécanicien-treuilliste joue un rôle central : il guide le pilote par gestes et indications précises, contrôle la descente du câble et assure la sécurité de la personne hélitreuillée. Chaque geste est millimétré.
Dans le ciel de la rade, l’hélicoptère bleu et blanc de la Gendarmerie nationale a ainsi enchaîné plusieurs séquences : descente d’un sauveteur, simulation de prise en charge d’une victime, remontée à bord, puis repositionnement pour un nouveau passage.
Ces entraînements réguliers sont indispensables. Même si la SAG de Hyères intervient fréquemment en appui des secours ou lors de recherches de personnes disparues, la répétition des gestes en environnement contrôlé permet d’anticiper les imprévus.
Au-delà de la démonstration technique, cet entraînement illustre la préparation constante de la SAG de Hyères. Car derrière chaque manœuvre répétée se profile une réalité : celle d’une intervention future, imprévisible, où la maîtrise du geste fera la différence.
Dans le ciel limpide du littoral varois, l’hélicoptère s’est finalement éloigné vers Hyères. Une simple séance d’entraînement pour le grand public. Une exigence opérationnelle permanente pour les équipages.