Une présence rare en France en 2019, puisque c'était la première fois.
Rossiya Special Flight Squadron
Ces Mil Mi-8 appartiennent au Rossiya Special Flight Squadron.
Le Rossiya Special Flight Squadron est l’unité aérienne gouvernementale chargée du transport officiel des plus hautes autorités de la Russie. Cette formation dépend du Rossiya Airlines, compagnie aérienne d’État placée sous l’autorité de l’administration présidentielle, et assure les déplacements du président, du Premier ministre, des membres du gouvernement ainsi que de nombreuses délégations officielles.
Basée à l’aéroport de Vnukovo Airport, à proximité de Moscou, l’escadrille exploite une flotte d’avions spécialement configurés pour le transport gouvernemental. L’appareil le plus emblématique est le Ilyushin Il-96-300PU, version hautement aménagée du quadriréacteur Il-96 utilisée pour les déplacements du président russe. La flotte comprend également des Tupolev Tu-214, des Ilyushin Il-62 (longtemps utilisés pour les missions officielles) ainsi que des avions de transport plus légers destinés aux missions secondaires et aux vols intérieurs.
 Le Mil Mi-8 utilisé par le Rossiya Special Flight Squadron est utilisé pour les déplacements de courte et moyenne distance des plus hautes autorités de la Russie, en complément des avions gouvernementaux. 
Le Mil Mi-8 est un hélicoptère de transport moyen conçu au début des années 1960 par le bureau d’études Mil en Union soviétique. Entré en service en 1967, il est devenu l’un des hélicoptères les plus produits au monde, avec des milliers d’exemplaires utilisés dans plus de cinquante pays. Apprécié pour sa robustesse, sa fiabilité et sa grande polyvalence, le Mi-8 peut être employé pour des missions très variées, allant du transport de troupes et de matériel aux opérations de secours, d’évacuation sanitaire ou de transport VIP.
Toujours en service aujourd’hui, le Mi-8 reste un appareil emblématique de l’industrie aéronautique russe et continue d’être utilisé par de nombreuses forces armées, administrations gouvernementales et compagnies civiles à travers le monde.
Repérages quelques jours avant la venue officielle

Le lundi 19 août 2019, le président français Emmanuel Macron recevait son homologue russe Vladimir Poutine au Fort de Brégançon, résidence officielle située sur la commune de Bormes-les-Mimosas. 
Ne voulant pas manquer cette occasion rare de photographier des aéronefs russes — d’autant plus qu’ils sont particulièrement peu visibles en Europe — j’ai suivi avec attention les informations publiées dans la presse et sur Internet afin d’obtenir le maximum d’indices sur l’organisation du déplacement. L’élément le plus important à déterminer restait le trajet emprunté par le président russe après son arrivée en France.
Après l’atterrissage prévu à l’aéroport de Marseille-Provence, plusieurs scénarios étaient possibles, d’autant plus que trois hélicoptères Mil Mi-8 avaient été acheminés quelques jours auparavant sur la base aérienne 125 d'Istres-Le Tubé par un avion cargo Antonov An-124.
Plusieurs possibilités s'offraient à moi :
La première hypothèse était un trajet en hélicoptère entre Marignane et la base d’aéronautique navale de Hyères, suivi d’un déplacement en convoi routier jusqu’au fort. Cette option semblait crédible, notamment parce que plusieurs véhicules officiels avaient été observés dans la région de Hyères dans les jours précédents.

La seconde possibilité était un vol direct en hélicoptère jusqu’au fort, avec un posé sur une zone d’atterrissage temporaire (Drop Zone) au pied du site, solution déjà utilisée dans le passé pour d'autres raisons.

La troisième option consistait à se rendre directement à Marignane le jour J pour photographier l’arrivée de l’avion présidentiel.
Mais j’ai finalement choisi de privilégier les hélicoptères, beaucoup plus rares à observer, surtout pour une première venue de Mi-8 russes en France et seulement leur deuxième apparition en Europe.
Je me suis donc orienté vers la première hypothèse, de plus lorsque le président français est au fort de Brégançon, on le rejoint généralement à Hyères par voie aérienne avant de terminer le trajet en convoi. L’ancienne Première ministre britannique Theresa May avait d’ailleurs suivi ce même itinéraire lors d’une rencontre au fort en 2018.
Malgré tout, une incertitude persiste.
J'entends dire qu’un Mi-8 pourrait effectuer un vol de reconnaissance le samedi 17 août. Après le travail, je me rends donc en bord de piste à Hyères en fin de matinée. L’attente commence. Un ami me rejoint dans l’après-midi ; nous photographions les aéronefs qui passent, mais aucun signe de l'hélicoptère russe. Le doute commence à s’installer.
En fin de journée, je décide d’aller vérifier du côté du fort de Brégançon pour voir si une drop zone est en cours d’installation. Mon collègue reste à Hyères pendant que je prends la route. À mi-trajet, il m’informe qu’un hélicoptère de la Marine, basé à Hyères, doit décoller pour une mission d’escorte, sans plus de précision. Je m’arrête quelques minutes près de La Londe-les-Maures pour réfléchir : faire demi-tour ou continuer ?
Pensant que l’escorte pourrait concerner les appareils russes venant d’Istres, je décide finalement de poursuivre jusqu’au fort, quitte à prendre le risque de tout rater.
Vers 19 heures, l'hélicoptère français part. De mon côté, je suis pris dans la circulation près de la plage de Cabasson, la dernière avant Brégançon. Je me gare et rejoins la plage, appareil photo encore dans le sac, observant la zone où pourrait se trouver la Drop Zone. À part quelques véhicules de police, rien de particulier. L’attente se prolonge et le doute demeure, mais il est désormais trop tard pour revenir en arrière.
Peu avant 20 heures, mon collègue resté à Hyères entend au large de la presqu’île de Giens le bruit caractéristique d’hélicoptères volant à basse altitude. Posté à la Pointe du Diable, je reste à distance, mon seul objectif étant de réaliser quelques photos sans gêner le dispositif de sécurité.
Appareil en main, équipé de mon téléobjectif 150-600 mm, j’attends, attentif au moindre bruit, sous le regard intrigué des touristes présents sur la plage.
À 20 heures, le doute disparaît enfin. Un grondement puissant se rapproche. Je cherche d’abord vers l’ouest, pensant que les appareils arrivent d’Istres, mais le bruit vient finalement du sud, masqué par les arbres. Volant très bas, l'hélicoptère a probablement contourné la zone par la mer avant de remonter vers le fort, sans doute pour rester le plus discret possible.
Le jour de la rencontre

Un important dispositif de sécurité avait été déployé autour du Fort de Brégançon dans l’après-midi du lundi 19 août. Après un premier barrage filtrant, la route menant à la plage de Cabasson était totalement fermée à la circulation, l’accès étant réservé uniquement aux riverains autorisés et aux équipes de presse accréditées.
J’ai donc choisi de rejoindre la zone à pied en partant de la plage de l’Estagnol, soit près de trois kilomètres de marche le long du littoral. En mer, le dispositif était tout aussi visible : plusieurs patrouilleurs de la gendarmerie maritime surveillaient étroitement les abords du fort, particulièrement réactifs au moindre mouvement suspect. Un peu plus au large, la frégate multi-missions Languedoc assurait la sécurité de la zone. Imposante, elle ne passait absolument pas inaperçue et rappelait clairement le niveau d’alerte entourant la visite officielle.
Il est environ 17 heures alors que les vacanciers poursuivent leurs activités sur la plage, le premier hélicoptère Mil Mi-8 russe arrive en direction du fort, avec le même bruit caractéristique déjà entendu deux jours plus tôt lors du vol de reconnaissance. L’appareil se pose brièvement, débarque quelques passagers, puis redécolle presque aussitôt, probablement en raison du manque de place pour accueillir simultanément les trois hélicoptères. Il prend ensuite la direction de la base d’aéronautique navale de Hyères.
Quelques minutes plus tard, un second Mi-8 arrive à son tour et se pose sur la zone prévue. Enfin, le troisième appareil finit le mouvement.
Autour de la zone d’atterrissage, les forces de sécurité étaient présentes en grand nombre et l’atmosphère ne laissait aucun doute sur la sensibilité de l’événement. 
Dans ces conditions, il n’était évidemment pas question de s’approcher davantage, l’objectif restant uniquement de réaliser quelques images sans perturber le dispositif en place.
Hélicoptères visibles de Hyères !
Hélicoptères visibles de Hyères !
Une rencontre qui se déroule bien avant le déclenchement du conflit de 2022, sans savoir que tous les aéronefs russes allaient se raréfier sur le territoire européen.
Peu importe les évènements, peu importe les prises de position, ce qui nous intéresse principalement en temps que spotter, ce ne sont que les aéronefs et surtout étrangers, toutes nationalités confondues.
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